Les réponses d’Annick Lepetit à notre questionnaire

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LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 D’ANNICK LEPETIT, CANDIDATE DU PARTI SOCIALISTE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 3ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 17e et du 18e arrondissement ?

La ségrégation sociale au sein des établissements scolaires est souvent liée à la ségrégation dans le logement. Les outils à notre disposition face à ce constat, sont la modification de la carte scolaire et une meilleure répartition des logements sociaux.
Je me suis fortement engagée pour la réforme de l’éducation prioritaire et son application en faveur des écoles de ma circonscription en 2014. J’ai aussi depuis très longtemps milité aux coté de la FCPE pour que la sectorisation des collèges situés aux portes de Paris soit modifiée. Je pense en particulier au collège Boris Vian, dans le 17ème, qui non seulement ne bénéficiait pas de l’éducation prioritaire mais avait une carte scolaire “horizontale”. Siégeant au conseil d’administration, je peux en mesurer aujourd’hui, les bénéfices pour les élèves et l’équipe pédagogique.
Sur le logement, je me suis engagée à l’Assemblée nationale pour lutter contre la ségrégation dans le logement. La loi Egalité et citoyenneté, dont j’ai présidé la commission, a pour objectif de rompre avec la logique de mettre ensemble les plus pauvres. J’ai voté l’obligation d’attribuer aux personnes les plus modestes un quart des logements sociaux qui ne sont pas situés dans les quartiers en politique de la ville (quartiers dit prioritaires). Parallèlement, dans ces quartiers, la moitié des attributions devront être faites à des ménages identifiés davantage « classes moyennes » compte-tenu de leurs revenus, principalement pour des jeunes actifs ou des salariés.

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

Je suis favorable à tout projet qui propose une approche nouvelle pour plus de mixité dans les établissements scolaires.
J’émets néanmoins quelques réserves concernant le nombre d’établissement impliqués et l’étendue de l’expérimentation. J’aurais souhaité qu’il y ait davantage d’établissements concernés au départ de cette expérimentation. J’aurais aussi préféré que les parents d’élèves soient mieux informés dès lors qu’on leur demande leur collaboration. Je l’ai dit lorsque j’ai été moi même informée et je l’ai répété publiquement au Conseil de Paris.
Je forme le vœu que le rectorat ainsi que la Mairie de Paris travaillent plus en amont et plus collectif !
Cela dit, j’ai pour habitude d’assumer ce que je vote et je travaille pour que ce dispositif soit une réussite. La lutte pour la mixité sociale est l’affaire de tous.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

L’Etat prend déjà sa part pour juguler le phénomène d’évitement, en créant des programmes attractifs au sein d’établissements qui pâtissent d’une « mauvaise image ». La création de classe à horaires aménagés sport, par exemple, pour la rentrée prochaine à Boris Vian permet d’attirer un public plus varié. Il existe plusieurs classes de ce genre dans les établissements REP.
Les parents parviendront toujours à contourner les établissements où ils ne veulent pas aller, souvent pour de mauvaises raisons ou par méconnaissance de la situation réelle de l’école. Aussi, le rôle de l’Etat est de rendre l’enseignement public accessible à tous, avec un niveau équivalent et d’assurer de bonnes conditions d’apprentissage.
La réputation d’un établissement peut changer très rapidement. Dans le bon sens aussi puisque c’est déjà le cas pour le collège Berlioz, avec l’arrivée d’une nouvelle direction très dynamique.

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

Oui. L’enseignement privé reçoit des fonds publics importants. Nous sommes donc en droit d’attendre de lui un engagement certain pour la société et il doit prendre sa part lui aussi dans le combat pour la mixité sociale. Nous devons l’inciter davantage sans que cela déclenche des réactions d’hostilités brutales comme nous en avons connu. A Paris, plus qu’en province, les établissements privés se sentent peu concernés par cette question. Il est temps de se mettre autour de la table pour en parler et avancer.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

Lors de la dernière mandature, j’ai siégé à la commission des Affaires culturelles et  de l’Education. Je suis prête à en faire de nouveau partie car nous avons encore beaucoup de travail à faire. Je défendrai l’Education nationale pour qu’elle demeure le premier budget de l’Etat. Ce doit être la fierté d’un pays que d’investir dans la formation de sa jeunesse.

Quelles actions envisagez-vous ?

J’ai soutenu grâce à ma réserve parlementaire l’association Zup de co qui met en place du tutorat au sein du collège Berlioz. Les retours que j’en ai sont extrêmement positifs, de la part des parents comme des enseignants.
Je constate que l’enseignement français repose sur deux temps d’apprentissage, notamment au collège : celui qui se fait à l’école et celui des devoirs à la maison. Lorsque l’élève quitte l’école, les inégalités se font plus criantes. Entre ceux qui seront dans de bonnes conditions pour faire leurs devoirs et ceux qui ne le seront pas.
Je prône donc la création d’une sorte de service public des devoirs à l’école. Le président de la République semble aller dans ce sens, mais il faudra y mettre les moyens. Les devoirs à l’école doivent être encadré par du personnel formé. Ainsi, l’élève pourra être aidé selon ses difficultés, qu’il soit socialement défavorisé ou pas.

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