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Secteurs multi-collèges à Paris : un outil efficace pour lutter contre la ségrégation sociale ?

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Retour sur la mise en œuvre des secteurs multi-collèges dans le 18e : l’étude de Julien Grenet est sortie !

À lire sans faute, au moment où on commence à étudier d’autres secteurs de ce type dans Paris avec l’Observatoire parisien de la mixité sociale et de la réussite éducative…

Résumé :

Les collèges parisiens se caractérisent par des niveaux de ségrégation sociale parmi les plus élevés de France, du fait de l’ampleur des contrastes sociaux qui opposent des quartiers pourtant proches géographiquement et de l’importance de l’évitement vers le secteur privé des catégories sociales les plus favorisées. Face à ce constat, le Conseil de Paris a voté au mois de janvier 2017 la création de trois secteurs bi-collèges dans les 18e et 19e arrondissements. Ce dispositif a consisté à mettre en place des secteurs communs à plusieurs collèges afin de diversifier leur recrutement social. Le bilan provisoire que l’on peut tirer de la première année d’expérimentation (2017-2018) est encourageant. Deux des trois secteurs ont atteint leur objectif de mixité sociale et ont entraîné une diminution de l’évitement vers le secteur privé. Si le troisième secteur n’a pas permis de rééquilibrer à court terme la composition sociale des collèges concernés, les résultats de l’évaluation permettent d’envisager plusieurs pistes d’amélioration.

Points clés :

  • À la rentrée 2017-2018, trois secteurs bi-collèges ont été mis en place dans les 18e et 19e arrondissements de la capitale et ont concerné près de 700 élèves entrant en sixième.
  • Deux procédures distinctes ont été mises en oeuvre pour affecter les élèves dans les secteurs nouvellement créés: la « montée alternée » (secteur Berlioz-Coysevox) et le choix régulé (secteurs Curie-Philipe et Bergson-Pailleron).
  • Au terme de leur première année d’existence, les secteurs Berlioz-Coysevox et Bergson-Pailleron ont permis de renforcer la mixité sociale dans les collèges concernés et ont entraîné un reflux de l’évitement vers le secteur privé.
  • En revanche, l’échec du secteur Curie-Philipe à rééquilibrer à court terme la composition sociale de ces deux collèges REP met en lumière les difficultés inhérentes à la transition d’un système d’affectation vers un autre.

Lire l’étude :

Secteurs multi-collèges à Paris : un outil efficace pour lutter contre la ségrégation sociale ? {pdf}

Note IPP n°35

Septembre 2018

Auteurs : Julien Grenet et Youssef Souidi

Contact : julien.grenet@psemail.eu

 

Source : site de l’Institut des politiques publiques.

Un billet extrêmement pertinent sur l’évitement à Paris

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Un billet par Michel Becquembois, rédacteur en chef adjoint à Libération et fin observateur des moeurs parisiennes (que l’on retrouve malheureusement un peu partout ailleurs en France)…

C’est ici: http://www.liberation.fr/debats/2017/09/18/a-mes-amis-qui-trichent-avec-la-carte-scolaire_1597237

Les réponses de Myriam El Khomri à notre questionnaire

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LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 DE MYRIAM EL KHOMRI, CANDIDATE DU PARTI SOCIALISTE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 18ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 18e arrondissement ?

Il faut développer la mixité dans les logements pour derrière développer la mixité scolaire. Mais il ne suffit de mélanger des personnes d’origine sociale diverse pour attendre les objectifs de mixité scolaire. La mixité scolaire est davantage un processus en dynamique permanente qui tient compte, à mes yeux, de plusieurs facteurs : le projet pédagogique, la stabilité des équipes éducatives, l’implication des parents, le lien avec le tissu associatif local, c’est

à dire le lien entre le dedans et le dehors, l’intermédiation que peuvent jouer les associations et les éducateurs de rue pour impliquer davantage les parents sur le suivi scolaire de leurs enfants. La confiance dans un établissement scolaire et son équipe ne se décrète pas, mais se construit sur le long terme.

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

C’est un objectif important que j’ai moi même porté en tant que Secrétaire d’Etat à la Politique de Ville avec Najat Vallaud Belkacem, ministre de l’Education Nationale. Je me réjouis des moyens supplémentaires obtenus pour la rentrée 2017 afin de renforcer l’attractivité des établissements.

Néanmoins, la méthode de co-construction avec les parents n’a pu être mise en place en raison de délais trop serrés, ce qui est regrettable.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

L’Etat agit déjà pour renforcer l’attractivité d’établissement, notamment en éducation prioritaire. Le projet pédagogique de l’établissement, la fidélisation des équipes et le lien avec les parents est essentiel, mais ces questions qui reposent sur la confiance créée et l’image des établissements doivent se traiter en amont des rentrées et les établissements doivent s’ouvrir largement aux parents (dès la crèche pour préparer l’entrée en petite section, et dès la grande section de maternelle pour préparer l’entrée en CP…..)

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

Oui bien sûr, à partir du moment où les établissements du privé reçoivent des fonds publics. Il faut continuer à échanger et à avancer en les incitant à se mettre autour de la table.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

Je me suis en tant que ministre de l’emploi et du travail beaucoup mobilisée autour du développement de l’apprentissage et l’accès aux qualifications des jeunes sortis prématurément du système scolaire. Je continuerai à suivre ces questions et à défendre le budget de l’Education Nationale pour qu’il reste une priorité.

Quelles actions envisagez-vous ?

  • Maintien du dispositif plus de maitres que de classes
  • Développement de l’accompagnement scolaire
  • Mieux investir dans l’orientation
  • Impliquer beaucoup plus les parents
  • Développer le dispositif de réussite éducative et les places en internat pour certains élèves volontaires en situation de mal logement
  • Mieux gérer les exclusions
  • Soutenir des actions comme le café des parents de l’école Labori avec ATD Quart Monde….

Les réponses de Béatrice Faillès à notre questionnaire

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LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 DE BEATRICE FAILLES, CANDIDATE LA REPUBLIQUE EN MARCHE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 17ème CIRCONSCRIPTION

(Les réponses nous ont été envoyées par mail, mais sans l’entretien préalable qui nous permet d’expliciter les différentes questions posées, et notamment de présenter les compositions de collèges et secteurs du 18ème, ainsi que du privé parisien, comme nous l’avons fait avec les autres candidats)

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 18e et 19e arrondissement ?

J’ai fait de la cohésion sociale et du bien-vivre ensemble la clef de voute de mon programme et de mon engagement, la mixité sociale en est un des piliers.

Force est de constater que la mixité sociale, cela commence dès l’école. Nos quartiers sont situés en réseaux d’éducation prioritaires et pourtant de larges disparités subsistent, notamment en termes de réussites aux examens nationaux :  par exemple, les taux de réussite au brevet des collèges sont parfois inférieurs de plus de 20 points à la moyenne nationale. Ces écarts amplifient l’isolement de ces établissements qui se trouvent alors stigmatisés. Ces inégalités apparaissent dès l’école primaire et le collège échoue trop souvent à les corriger.

Le projet que je porte, avec le Président de la République,  a pour seul objectif de remettre de l’excellence dans toutes les écoles de la République, et pour cela, certains territoires doivent nécessairement bénéficier de plus de moyens :

  • Diviser, sans attendre, par deux les classes de CP et CE1 dans les zones prioritaires,
  • Accentuer l’accompagnement scolaire du CP à la troisième, en organisant des stages de remises à niveau pour les élèves les plus en difficultés,
  • Affecter sur ces zones prioritaires des enseignants plus expérimentés et mieux rémunérés.
  • Renforcer l’autonomie des établissements leur permettant ainsi de développer des projets pédagogiques innovants, et spécifiques qui les rendront d’autant plus attractifs.Voilà quatre mesures pragmatiques dont l’objectif est de ne laisser personne au bord de la route. Nous avons une obligation de résultats envers nos écoliers, et les moyens spécifiques à chaque situation doivent être en adéquation avec cet objectif. La mixité sociale ne se décrète pas mais se construit en rendant attractives nos écoles et en ramenant de la confiance à ceux qui pourraient être tentés par l’évitement.J’ajouterai que la problématique de la “ségrégation sociale” n’est pas qu’une seule question de l’éducation. L’enjeu est plus large: il implique aussi bien l’urbanisme que la politique de la ville pour la défense du bien-vivre dans nos quartiers. C’est pourquoi nous avons besoin une politique urbaine ambitieuse pour  :
  • rendre de l’attractivité à nos quartiers,
  • y améliorer la qualité de vie pour que celle-ci soit comparable à celle des autres quartiers de Paris,
  • mettre davantage de moyens dans les infrastructures publiques pour répondre aux besoins spécifiques de nos quartiers.

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

Il est à cette heure trop tôt pour rendre un avis définitif sur cette expérimentation sur laquelle nous n’avons qu’un an de recul et ne concerne que 6 établissements.

On peut cependant regretter que les données statistiques avancées par le ministère de l’éducation nationale pour justifier cette expérimentation soient restées opaques et non chiffrées, le Rectorat refusant de diffuser la composition sociale des collèges, protégée par le secret statistique.

De plus, les directeurs d’établissement, les enseignants et les parents d’élèves ont été mis devant le fait accomplis sans pouvoir prendre part à une concertation sur un sujet extrêmement sensible pour chacune des parties aboutissant à des incompréhensions et des blocages.

C’est avec transparence et concertation, en impliquant tous les acteurs, que chaque initiative concernant les établissements doit être prise après un diagnostic précis et au cas par cas. De la même façon, cette initiative devra être évaluée par l’ensemble des parties (et éventuellement corrigée) tout au long de son application.

C’est le sens du programme que je soutiendrai et qui vise, notamment, à renforcer un lien de confiance renouvelé par une plus grande place donnée à l’échange avec les parents au sein des écoles.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

L’État doit être avant tout un facilitateur d’initiative individuelle ou collective visant à rétablir un équilibre dans nos quartiers et l’équité dans nos écoles. Plutôt que d’imposer aux parties il doit pouvoir les écouter, leur proposer et les accompagner dans des démarches constructives.

En rendant l’initiative aux établissements, en soutenant les associations locales qui s’impliquent dans les projets éducatifs et les activités périscolaires, en facilitant l’accès à la culture dans nos territoires, l’État doit contribuer à les rendre plus homogènes tout en conservant les spécificités qui font leurs richesses et leurs atouts.

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

La bataille pour l’excellence scolaire que veut engager le gouvernement, et que je soutiendrai si je suis élue, ne peut se permettre de pointer du doigt les établissements privés sous contrats.

Les querelles entre école publique et école privée ne sont plus d’actualité à l’heure ou l’avenir de nos enfants est en jeu. C’est ensemble et sur les différents territoires qu’il nous faudra trouver des solutions.

C’est ensemble et sur les différents territoires qu’il nous faudra trouver les passerelles qui permettront un accompagnement complémentaire plutôt que concurrentiel tout en conservant la liberté de choix pour chacun d’entre nous.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

Lors de ma profession de foi en tant que candidate comme à chacune des différentes réunions publiques auxquelles j’ai pu participer, j’ai réaffirmé mon engagement pour garantir la réussite et l’excellence de chacun à l’école en faisant de l’éducation l’une des quatre priorités de mon mandat si je suis élue.

Quelles actions envisagez-vous ?

Je m’engage à soutenir les objectifs proposés par Emmanuel Macron durant sa campagne et réaffirmés et précisés par Jean-Michel Blanquer le 7 juin dernier. A savoir :
– Donner la priorité à l’apprentissage des fondamentaux “lire, écrire, compter” dans le pré-scolaire, en maternelle et au primaire afin que plus aucun élève ne puisse rentrer au collège sans ces prérequis indispensables à la réussite de son cursus scolaire.
– Renforcer l’accompagnement et les dispositifs d’orientation au collège et au lycée. Notamment par un suivi personnalisé de chaque élevé qui permettra de mettre en place un soutien spécifique lorsque cela sera nécessaire.
– Garantir à chaque jeune Français une insertion professionnelle réussie en développant notamment les périodes de préapprentissage, et les filières en alternance dans tous les lycées professionnels et en affectant l’ensemble de la taxe d’apprentissage au financement d’un parcours individualisé.
– Mieux accompagner les enseignants : dès leur entrée dans le métier et durant l’ensemble de leur carrière. En leur proposant des leurs études des formations en alternances et dès leur titularisation une formation annuelle basé sur les problématiques spécifiques qu’il pourra rencontrer dans sa classe.
– Renforcer et encourager l’autonomie des établissements pour favoriser l’adaptation aux besoins de leurs élèves et aux situations locales et stimuler l’innovation.
– Renforcer la relation avec les parents et encourager l’implication de bénévoles et d’associations.

Mais je m’engage également tout au long de mon mandat à travailler régulièrement sur le terrain, dans nos quartiers, avec les différents acteurs du monde associatif dont je suis issue, ainsi qu’avec les collectifs comme « Apprendre ensemble » pour pouvoir porter à l’Assemblée Nationale les propositions dont nous aurons discutés pour permettre à l’École Républicaine de remplir ses objectifs d’excellence pour tous sur tous les territoires.

Les réponses de Danièle Obono à notre questionnaire

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LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 DE DANIELE OBONO, CANDIDATE DE LA FRANCE INSOUMISE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 17ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 18e et du 19e arrondissement ?

Pour lutter efficacement contre la ségrégation scolaire il faut une vision et une stratégie globale pour l’école. A la France insoumise, nous voulons le meilleur pour tou•te•s les élèves : réussite scolaire et professionnelle, plaisir à apprendre, joie à fréquenter l’école, accomplissement individuel. Notre projet pour l’école est en effet inséparable de notre projet de société. Il est profondément égalitaire et se donne les moyens de cette exigence.

Pour lutter contre la ségrégation scolaire les député•e•s de la France insoumise  soumettront une proposition de loi et la création d’un groupe de travail chargé de refondre la carte scolaire à l’horizon 2020. Ce groupe associera les ministères de l’Education nationale, les associations de parents d’élèves, les syndicats enseignants et les collectivités territoriales.

Il comprendra également des représentant•e•s des ministères du logement, des transports, de l’aménagement du territoire ainsi que du commissariat à l’Egalité que nous souhaitons mettre en place pour lutter contre toutes les formes de discriminations, car la ségrégation scolaire trouve ses racines dans l’ensemble des processus de relégation à l’œuvre dans la société. C’est pourquoi lutter efficacement contre ce phénomène, il faut une approche ciblée et transversale.

La nouvelle carte scolaire que nous souhaitons mettre en œuvre intégrera les établissements privés qui jouent un grand rôle dans les mécanismes de contournements scolaires, en particulier dans le 18e arrondissement.

Enfin, nous agirons en soutien aux associations travaillant auprès des parents d’élèves. Car nombre de pratiques d’évitements trouvent leurs sources dans une méconnaissance ou des représentations souvent infondées..

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

Je partage l’avis de Paul Vannier et Laurent Levard suivant lequel l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18e arrondissement peut être vue positivement dès lors qu’elle semble s’inscrire dans la recherche d’une plus grande mixité sociale.

Mais cette expérimentation nous apparaît comme de trop petite portée pour apporter des solutions véritables aux questions qui nous préoccupent. D’abord les périmètres sont trop étroits et mêlent des établissements REP. Ensuite la question du privé – de décisive – est laissée de côté. Enfin, l’objectif de mixité scolaire, et non pas seulement sociale, n’est pas pris en compte.

En tant que députée j’agirai donc à d’autres échelles et de façon globale pour parvenir véritablement à davantage de mixité.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

Le rôle de l’Etat est de garantir l’égalité de traitement et d’accès de tou•te•s les élèves quel que soit l’établissement qu’ils fréquentent.  Au delà des dispositifs législatifs que décris précédemment, l’Etat peut intervenir en amont en formant les personnels de direction à une meilleure information des familles. En aval, il doit lutter contre les pratiques telles les fausses domiciliations. Enfin et surtout, l’Etat doit mobiliser ses moyens pour restaurer la qualité du service public d’éducation, en lui allouant les ressources nécessaires à la satisfaction des besoins éducatifs de tou•te•s les élèves.

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

L’enseignement privé jouit aujourd’hui d’un financement public très important, de l’ordre de 10 milliards d’euros par an. Si notre objectif de moyen terme est la mise en oeuvre du principe « fonds publics à l’école publique », nous proposons de conditionner immédiatement le financement public du privé à l’intégration par ce dernier de l’ensemble des règles auxquelles est astreinte l’école publique. L’intégration à la carte scolaire sera la première de ces règles.

A l’Assemblée nationale, le groupe « France insoumise » demandera la constitution d’une commission d’enquête parlementaire s’intéressant aux financements des établissements scolaires privés ou aux liens entre le ministère de l’Education nationale et les grandes entreprises privées du pays.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

En tant que députée de la France insoumise, j’en défendrai le programme « l’Avenir en commun » dans son intégralité et notamment les propositions relatives à l’école et à la lutte contre les discriminations, dont j’ai assuré le suivi en tant que coordinatrice des livrets thématiques sur ces différents sujets.
Quelles actions envisagez-vous ?

Il faut surtout et avant tout redonner les moyens à l’Education nationale de remplir l’ensemble de ses missions de service public. L’école de la République doit pouvoir, sur tout le territoire, s’affirmer comme un espace de coopération et d’échanges et non de concurrence et de compétition. Creuset du peuple en formation, elle doit devenir le lieu de l’éducation à l’intérêt général où l’individu se prépare à l’exercice d’une citoyenneté enrichie de nouveaux droits.

Garantissant l’égalité des conditions d’accès et d’apprentissage, l’école participe du combat contre les inégalités. Pour cela, les député•e•s de la France insoumise entendent réaliser un ensemble de mesures, outre celles déjà citées.
–    Adopter une loi d’orientation pour l’école pour abroger la réforme du collège de gouvernement Valls ainsi que tous les dispositifs qui balkanisent l’école : décret Peillon, réforme du collège, réforme Chatel, régionalisation de la carte de l’enseignement professionnel…
–    Abroger la réforme des rythmes scolaires et garantir l’égal accès de tou•te•s les élèves du 1er degré à des enseignements artistiques et sportifs gratuits, dispensés par des personnels recrutés sur concours
–    Restaurer le cadre national des diplômes, programmes, statuts et horaires ; étendre la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans en adaptant les pédagogies et les parcours scolaires
–    Recruter de 60 000 enseignant•e•s supplémentaires d’ici la fin de la mandature ainsi que du personnel de vie scolaire (assistant•e•s d’éducation, conseiller•e•s d’orientation, infirmier•e•s…).
–    Généraliser la gratuité (des cantines, du transport, des sorties scolaires, des manuels et de matériels sans marques, des équipements et fournitures dans la voie professionnelle) et garantir la mixité
–    Ouvrir dans les lycées des périphéries urbaines, rurales et d’Outre-mer des options rares réparties sur plusieurs classes et 200 classes préparatoires en liaison avec l’université ; bonifier les bacheliers L et ES dans le cadre de la procédure d’affectation post-bac dans certaines filières sous tension ; favoriser les jumelages d’établissements (urbains/ruraux, montagnards/littoraux, métropolitains/outre-mer) et développer les échanges entre classes visant à élargir l’horizon social et culturel des élèves
–    Mettre en œuvre une politique de l’éducation prioritaire répondant aux besoins éducatifs : réduire massivement les effectifs par classe (20 élèves maximum en maternelle, primaire, collège, lycée professionnel et technologique, 25 en lycée général ; deux enseignants par classe en maternelle et primaire) ; harmoniser par le haut les dispositifs des établissements de l’éducation prioritaire pour parvenir à un label commun à tous les établissements ; viser la stabilisation des équipes pédagogiques.

Les réponses de Pierre-Yves Bournazel à notre questionnaire

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LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 DE PIERRE YVES BOURNAZEL, CANDIDAT LES REPUBLICAINS
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 18ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 18e arrondissement ?

Vous évoquez à juste titre la nécessité de faire vivre la diversité sociale dans nos quartiers. A long terme, il nous faut favoriser l’équilibre en matière d’urbanisme: logements, commerces, espaces verts et ludiques, équipements culturels et sportifs. Dans le secteur du logement, l’équilibre social est aussi une priorité: logement social, logement intermédiaire et accès à la propriété. Dès aujourd’hui il faut réfléchir à des règles communes qui permettent de choisir un périmètre approprié de mixité sociale en concertation avec les enseignants et les parents d’élèves. La mixité sociale ne se décrète pas elle se construit. Je souhaite la porter avec toutes les bonnes volontés au service d’un mieux vivre ensemble.

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

Dans le 18e un périmètre plus large serait plus adapté. La concertation est venue trop tard. Il faut donc revoir la méthode et le périmètre afin de faire une véritable mixité sociale assumée.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

 

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

La diversité sociale c’est l’adhésion au pacte Républicain porteur d’égalité des chances et d’ascenseur social; et ce dans le public comme dans le privé. Il faut appliquer des règles communes.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

Mes propositions plus globales sur l’école sont :
. Mettre l’accent sur la maîtrise de la langue ;
. Concentrer les moyens sur les classes de maternelle, de CP et CE1 en augmentant le taux d’encadrement, en portant un effort massif sur les élèves en difficulté, en créant de petits groupes de 4-5 élèves ;
. Donner de nouvelles marges d’action aux équipes éducatives et adapter le rythme et l’offre aux besoins réellement constatés par les professeurs ;
. Développer les études dirigées après la classe.

Quelles actions envisagez-vous ?

Mon souhait est de siéger à la Commission Education/Culture de l’Assemblée nationale. Je proposerai de travailler avec les enseignants, les parents d’élèves et associations de nos quartiers afin de co-construire une politique utile pour tous nos enfants.

Les réponses de Laurent Levard à notre questionnaire

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LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 DE LAURENT LEVARD, CANDIDAT DE LA FRANCE INSOUMISE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 3ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 17e et du 18e arrondissement ?

La ségrégation scolaire est un processus particulièrement prononcé dans les 17e et 18e arrondissements de Paris. Elle est renforcée par les contre-réformes éducatives conduites sous les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Il y a urgence à agir pour toutes celles et ceux qui demeurent attachés au projet d’une Ecole de l’égalité et de l’émancipation, d’une Ecole creuset, d’une Ecole républicaine.
Pour lutter contre la ségrégation scolaire j’agirai en tant que député en votant une loi conduisant à la création d’un groupe de travail chargé de refondre la carte scolaire à l’horizon 2020. Ce groupe associera les ministères de l’éducation nationale mais aussi du logement, des transports et de l’aménagement du territoire car la ségrégation scolaire a d’abord ses sources dans la ségrégation résidentielle. Ce groupe associera également les associations de parents d’élèves, les syndicats enseignants et les collectivités territoriales.
Cette carte scolaire refondue intégrera les établissements privés qui jouent un grand rôle dans les mécanismes de contournements scolaires, en particulier dans les 17e et 18e arrondissements.
Enfin, j’agirai en soutien aux associations travaillant auprès des parents d’élèves. Car nombre de pratiques d’évitement trouvent leurs sources dans une méconnaissance ou des représentations souvent infondées. C’est, je crois, le cas du travail de votre collectif « Apprendre ensemble » qui, dès lors, est d’intérêt général.
J’en profite pour vous féliciter pour le travail remarquable que fait votre collectif et pour l’entretien que nous avons pu avoir. J’en déduis notamment une idée essentielle : la mixité sociale dans l’éducation, lorsqu’elle est correctement organisée et que tous y participent effectivement, est non seulement nécessaire pour garantir au mieux le succès de tous les élèves et une société plus égalitaire, mais également parfaitement acceptable par les parents qui sont aujourd’hui tentés par le détournement de la carte scolaire ou le choix du privé.

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

L’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18e arrondissement peut être vue positivement dès lors qu’elle semble s’inscrire dans la recherche d’une plus grande mixité sociale.

Mais cette expérimentation m’apparaît comme de trop petite portée pour apporter des solutions véritables aux questions qui nous préoccupent. D’abord les périmètres sont trop étroits et mêlent des établissements REP. Ensuite la question du privé – décisive – est laissée de côté. Enfin, l’objectif de mixité scolaire, et non pas seulement sociale, n’est pas pris en compte.

En tant que député, représentant de la Nation, j’agirai donc à d’autres échelles et de façon globale pour parvenir véritablement à davantage de mixité.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

Le rôle de l’Etat est de garantir l’égalité de traitement et d’accès de tous les élèves quel que soit l’établissement qu’ils fréquentent.
Au delà des dispositifs législatifs que j’ai préalablement décrits, l’Etat peut intervenir en amont en formant les personnels de direction à une meilleure information des familles.
En aval, il doit lutter contre les pratiques telles les fausses domiciliations.
Enfin et surtout, l’Etat doit mobiliser ses moyens pour restaurer la qualité du service public d’éducation, en lui allouant les moyens nécessaires à la satisfaction des besoins éducatifs de tous les élèves.

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

Oui. L’enseignement privé jouit aujourd’hui d’un financement public très important, de l’ordre de 10 milliards d’euros par an. Si notre objectif de moyen terme est la mise en oeuvre du principe « fonds publics à l’école publique », nous proposons de conditionner immédiatement le financement public du privé à l’intégration par ce dernier de l’ensemble des règles auxquelles est astreinte l’école publique. L’intégration à la carte scolaire sera la première de ces règles

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

Moi même ancien parent d’élèves scolarisés dans le 17è arrondissement (maternelle des Tapisseries, école primaire Berthier, collège Boris Vian, lycée Honoré de Balzac et lycée Carnot) ferai des questions éducatives l’une des priorités de mon mandat de député.

Quelles actions envisagez-vous ?

A l’Assemblée nationale, je soutiendrai la constitution d’une commission d’enquête parlementaire s’intéressant aux financement des établissements scolaires privés ou aux liens entre le ministère de l’Education nationale et les grandes entreprises privées de notre pays.
Dans ma circonscription je serai aux côtés des parents d’élève et des enseignants mobilisés pour la défense du service public d’éducation.

Les réponses d’Annick Lepetit à notre questionnaire

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LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 D’ANNICK LEPETIT, CANDIDATE DU PARTI SOCIALISTE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 3ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 17e et du 18e arrondissement ?

La ségrégation sociale au sein des établissements scolaires est souvent liée à la ségrégation dans le logement. Les outils à notre disposition face à ce constat, sont la modification de la carte scolaire et une meilleure répartition des logements sociaux.
Je me suis fortement engagée pour la réforme de l’éducation prioritaire et son application en faveur des écoles de ma circonscription en 2014. J’ai aussi depuis très longtemps milité aux coté de la FCPE pour que la sectorisation des collèges situés aux portes de Paris soit modifiée. Je pense en particulier au collège Boris Vian, dans le 17ème, qui non seulement ne bénéficiait pas de l’éducation prioritaire mais avait une carte scolaire “horizontale”. Siégeant au conseil d’administration, je peux en mesurer aujourd’hui, les bénéfices pour les élèves et l’équipe pédagogique.
Sur le logement, je me suis engagée à l’Assemblée nationale pour lutter contre la ségrégation dans le logement. La loi Egalité et citoyenneté, dont j’ai présidé la commission, a pour objectif de rompre avec la logique de mettre ensemble les plus pauvres. J’ai voté l’obligation d’attribuer aux personnes les plus modestes un quart des logements sociaux qui ne sont pas situés dans les quartiers en politique de la ville (quartiers dit prioritaires). Parallèlement, dans ces quartiers, la moitié des attributions devront être faites à des ménages identifiés davantage « classes moyennes » compte-tenu de leurs revenus, principalement pour des jeunes actifs ou des salariés.

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

Je suis favorable à tout projet qui propose une approche nouvelle pour plus de mixité dans les établissements scolaires.
J’émets néanmoins quelques réserves concernant le nombre d’établissement impliqués et l’étendue de l’expérimentation. J’aurais souhaité qu’il y ait davantage d’établissements concernés au départ de cette expérimentation. J’aurais aussi préféré que les parents d’élèves soient mieux informés dès lors qu’on leur demande leur collaboration. Je l’ai dit lorsque j’ai été moi même informée et je l’ai répété publiquement au Conseil de Paris.
Je forme le vœu que le rectorat ainsi que la Mairie de Paris travaillent plus en amont et plus collectif !
Cela dit, j’ai pour habitude d’assumer ce que je vote et je travaille pour que ce dispositif soit une réussite. La lutte pour la mixité sociale est l’affaire de tous.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

L’Etat prend déjà sa part pour juguler le phénomène d’évitement, en créant des programmes attractifs au sein d’établissements qui pâtissent d’une « mauvaise image ». La création de classe à horaires aménagés sport, par exemple, pour la rentrée prochaine à Boris Vian permet d’attirer un public plus varié. Il existe plusieurs classes de ce genre dans les établissements REP.
Les parents parviendront toujours à contourner les établissements où ils ne veulent pas aller, souvent pour de mauvaises raisons ou par méconnaissance de la situation réelle de l’école. Aussi, le rôle de l’Etat est de rendre l’enseignement public accessible à tous, avec un niveau équivalent et d’assurer de bonnes conditions d’apprentissage.
La réputation d’un établissement peut changer très rapidement. Dans le bon sens aussi puisque c’est déjà le cas pour le collège Berlioz, avec l’arrivée d’une nouvelle direction très dynamique.

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

Oui. L’enseignement privé reçoit des fonds publics importants. Nous sommes donc en droit d’attendre de lui un engagement certain pour la société et il doit prendre sa part lui aussi dans le combat pour la mixité sociale. Nous devons l’inciter davantage sans que cela déclenche des réactions d’hostilités brutales comme nous en avons connu. A Paris, plus qu’en province, les établissements privés se sentent peu concernés par cette question. Il est temps de se mettre autour de la table pour en parler et avancer.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

Lors de la dernière mandature, j’ai siégé à la commission des Affaires culturelles et  de l’Education. Je suis prête à en faire de nouveau partie car nous avons encore beaucoup de travail à faire. Je défendrai l’Education nationale pour qu’elle demeure le premier budget de l’Etat. Ce doit être la fierté d’un pays que d’investir dans la formation de sa jeunesse.

Quelles actions envisagez-vous ?

J’ai soutenu grâce à ma réserve parlementaire l’association Zup de co qui met en place du tutorat au sein du collège Berlioz. Les retours que j’en ai sont extrêmement positifs, de la part des parents comme des enseignants.
Je constate que l’enseignement français repose sur deux temps d’apprentissage, notamment au collège : celui qui se fait à l’école et celui des devoirs à la maison. Lorsque l’élève quitte l’école, les inégalités se font plus criantes. Entre ceux qui seront dans de bonnes conditions pour faire leurs devoirs et ceux qui ne le seront pas.
Je prône donc la création d’une sorte de service public des devoirs à l’école. Le président de la République semble aller dans ce sens, mais il faudra y mettre les moyens. Les devoirs à l’école doivent être encadré par du personnel formé. Ainsi, l’élève pourra être aidé selon ses difficultés, qu’il soit socialement défavorisé ou pas.

Les réponses de Stanislas Guérini à notre questionnaire

Posté le Mis à jour le

LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 DE STANISLAS GUERINI, CANDIDAT DE LA REPUBLIQUE EN MARCHE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 3ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 17e et du 18e arrondissement ?

L’enquête Pisa 2015 a rappelé que la France se place en tête des pays de l’OCDE où l’origine socio-économique pèse le plus sur le destin scolaire. Et la situation en REP est particulièrement alarmante lorsque l’on sait que les élèves scolarisés dans un établissement de l’éducation prioritaire ont des résultats très inférieurs à la moyenne nationale (Enquête, Cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon ; Ministère de l’Éducation nationale, 2015).
On ne peut pas se satisfaire de ce constat.
Pour que la France ne se résigne plus à l’abandon d’une part croissante de sa jeunesse, il m’apparaît essentiel de favoriser la mixite sociale. Les effets de pairs jouent en effet un rôle crucial dans le succès ou l’échec de nos enfants.
Dans ce contexte, notre programme vise à créer de l’excellence dans les établissements défavorisés. Notre priorité est de construire une école qui garantisse de l’excellence partout, y compris dans les établissements qui obtiennent aujourd’hui les moins bons résultats.
Dans le projet que je porterai, l’atteinte d’une plus grande mixité sociale passera par des mesures visant à aider les établissements des zones prioritaires (REP et REP+) en assumant une politique de différenciation des moyens (division par 2 du nombre d’élèves en CP/CE1, enseignants plus expérimentés et mieux rémunérés). Je porterai également le renforcement de l’autonomie des établissements. Cette part plus grande d’autonomie permettra de porter des projets pédagogiques, par exemple créer des classes bilangues, européennes etc. qui pourront favoriser l’attractivité des établissements qui obtiennent aujourd’hui des résultats inférieurs à la moyenne nationale.
J’ajoute que je soutiendrai des mesures visant à renforcer la mixité dans des activités périscolaires (transparence accrue dans les critères d’inscription, soutien aux familles défavorisées etc.) Là où l’école cristallise beaucoup de craintes et de réticences de la part des familles, cela me semble être de nature à créer un cercle vertueux démontrant l’intérêt pour toutes les familles de favoriser in fine la mixité scolaire.

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

Je l’ai indiqué, je crois à la nécessité d’une véritable mixité sociale.
Cependant, je suis persuadé qu’une mixité scolaire accrue doit être acceptée par l’ensemble des acteurs concernés (parents de l’ensemble des établissements) et nécessite donc de créer un consensus qui n’a pas réussi à émerger dans le cadre de l’expérimentation multi-collèges du 18ème arrondissement. Les familles que j’ai rencontrées m’ont fait part de leur crainte de rentrer justement dans le cadre d’un programme « d’expérimentation » et ont eu le sentiment d’un manque de concertation et d’information.
Je serais favorable à ce qu’on mette en oeuvre, en tout premier lieu, une politique de différenciation des moyens plus nette, pour donner un vrai bénéfice aux établissements les moins favorisés. De cette manière, les parents pourraient se voir assurer que ces établissements bénéficieront de moyens pédagogiques supplémentaires, ce qui pourra permettre de convaincre tout le monde de s’engager au sein de ces établissements les moins favorisés. Il me semble également important d’avoir une reprise du dialogue en construisant davantage la solution avec les acteurs concernés.
C’est donc plus sur la méthode et les moyens proposés, qui entrainent déjà une dynamique de fuite vers d’autres secteurs géographiques ou vers le privé, que je suis défavorable que sur la finalité d’un tel projet.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

Sans nul doute, l’Etat doit porter l’intérêt général et prendre ses responsabilités.
Dans le projet que nous portons, nous pensons que cette prise des responsabilités doit passer par la mise en oeuvre d’un programme, qui constitue le plan le plus ambitieux depuis la création des zones d’éducation prioritaires en 1983 et qui va permettre de créer une mise en mouvement de l’ensemble des acteurs.
Au surplus, chaque collège et chaque lycée bénéficiera d’un diagnostic tous les 3 ans, qui portera sur les missions de l’établissement, qui mobilisera l’équipe de direction, l’équipe pédagogique, mais également les parents et les élèves, ainsi que les associations locales. Or, les éléments de ce diagnostic seront opposables aux Rectorats ainsi qu’aux Collectivités dans le cadre des engagements qui sont les leurs auprès des établissements.
Grâce à ces mécanismes, l’Etat pourra pleinement prendre ses responsabilités lorsque cela sera nécessaire.

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

Le projet présidentiel porte une exigence réaffirmée pour une école publique d’équité et de qualité pour tous. C’est le sens des mesures annoncées pour la rentrée 2017, particulièrement dans les territoires de la République où se concentrent les difficultés.
Il faut se départir des caricatures qui nous font parfois oublier la mission de l’école. Les considérations politiciennes ou l’opposition systématique entre public et privé doivent être dépassées, c’est le destin de notre pays qui se joue à l’école.
Durant le quinquennat, il nous faudra lutter contre deux maux qui gangrènent notre école : l’échec scolaire et le trop grand déterminisme social dans le destin scolaire des élèves.
Les réponses à ces deux grandes problématiques doivent se construire d’abord dans les établissements publics mais aussi avec l’enseignement privé, qui est ouvert à des discussions et à des avancées sur ces questions.
Enseignement public et privé peuvent élaborer, ensemble, des objectifs ambitieux en matière de mixité sociale. Des expérimentations intéressantes le montrent, comme à Redon par exemple.
Ce n’est que si nous parvenons collectivement à atteindre ces grands objectifs que nous redonnerons tout son sens à la promesse républicaine d’égalité des chances.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

Dans les réunions publiques que j’ai tenues et depuis le début de la campagne des législatives, j’ai eu l’occasion de présenter mes chantiers prioritaires pour ma circonscription : la réussite de notre projet pour l’Education est au coeur de ces priorités.
Je considère que m’engager pour réussir sur cet enjeu essentiel pour l’avenir du pays doit donc être également au coeur de mes actions à l’Assemblée nationale. Je souhaite le faire dans une logique qui ne visera pas à défaire systématiquement les projets portés par les gouvernements précédents mais bien à faire plus pour l’Ecole pour retrouver de l’excellence partout.

Quelles actions envisagez-vous ?

Si je suis élu député, je soutiendrai avec force, pour nos sept établissements primaires et nos 8 écoles maternelles classés en Réseau d’Education prioritaire (REP), le projet de diviser par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 à partir de la rentrée de septembre, parfois avec deux enseignants par classe quand il ne sera pas possible d’avoir deux classes.
Pour tous, je porterai également le projet que chaque élève soit accompagné après la classe et bénéficie de stages de remise à niveau en fin d’été entre le CP et le CM2. Je soutiendrai la nécessité que, dans chaque collège et lycée, que les parents et les élèves, de même que, pourquoi pas, les animateurs et associations impliqués dans l’établissement participent à un diagnostic sur l’ensemble des missions de l’établissement (enseignement, projets pédagogiques, infrastructures) qui aura lieu tous les 3 ans.
Je souhaite enrichir le lien qui doit exister entre le citoyen et l’élu qui le représente à l’Assemblée Nationale. Notamment, sur des sujets aussi fondamentaux que ceux tenant à l’éducation, il me semble primordial que des échanges soient menés, en amont, sur les territoires.
Le travail mené par votre Collectif me semble essentiel et doit être encouragé.
Si je suis élu député, c’est avec des acteurs qui sont sur le terrain et qui connaissent leurs territoires, des acteurs comme votre Collectif, que j’échangerai en priorité, pour porter ensuite avec force et détermination, à l’Assemblée Nationale, des projets que nous aurons préalablement discutés.

Les réponses de Colombe Brossel à notre questionnaire

Posté le Mis à jour le

LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 DE COLOMBE BROSSEL, CANDIDATE DU PARTI SOCIALISTE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 17ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 18e et du 19e arrondissement ?

La mixité sociale et scolaire est un enjeu majeur pour notre jeunesse car elle à la fois la condition de la réussite de tous et un outil d’émancipation et d’ouverture aux autres. Pour atteindre une mixité effective dans les établissements tous les leviers doivent être activés. Bien entendu l’un d’eux est la définition des périmètres de recrutement des écoles et collèges. Mais force est de constater les phénomènes d’évitement de certains établissements par des familles qui pourtant vivent à proximité. C’est pourquoi les cartes scolaires mêmes équilibrées avec soin nécessitent également que des moyens conséquents soient investis dans ces établissements pour les rendre attractifs : travaux, projets, voyages, portes ouvertes, résidences d’artistes, options rares, présence d’adultes en nombre suffisant…  Seul un engagement du quotidien sur tous les fronts peut inciter les familles plus favorisées à inscrire leurs enfants dans leur établissement public de secteur, c’est le travail dans lequel se sont engagées les équipes municipales auxquelles j’ai appartenues depuis 2008.

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

J’y ai été et y suis toujours extrêmement favorable. Par ce qu’il n’y a pas de remède miracle pour faire progresser la mixité sociale et scolaire dans les écoles, expérimenter de nouvelles solutions, surtout lorsqu’elles ont été pensées en concertation avec des chercheurs, les communautés éducatives et les élus, est même une nécessité tant que les disparités entre établissements seront si fortes. Cette idée d’ailleurs fait partie des  pistes évoquées depuis de nombres années  par des rapports parlementaires ou des études scientifiques qui constatent année après année à la fois la dangerosité des politiques de « libre choix » ou d’assouplissement de la carte scolaire et l’inefficacité du système actuel. Pourquoi même ne pas imaginer des secteurs « à cheval » sur plusieurs départements, ou communs à plus de deux collèges, quand cela est possible ?

Des solutions nouvelles sont encore à inventer, et pour moi, réduire les inégalités, faire de nos établissements de véritables creusets républicains, permettre aux générations futures de vivre, de grandir et d’étudier ensemble en citoyens éclairés, dans les meilleures conditions, sont des enjeux qui mériteraient même un véritable débat national.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

Avoir des indicateurs communs de mixité des établissements est un préalable qui me semble nécessaire. Savoir de quoi l’on parle et le mesurer est la condition à toute ambition partagée. Et l’idée d’établir par exemple un seuil minimal d’élèves boursiers par établissement, sorte de LRU scolaire qui, couplée à la présence de classes à pédagogies adaptées, qui permettrait aux établissements situés dans les quartiers les plus privilégiés d’être plus mixtes socialement et scolairement pourrait tout à fait être elle aussi expérimentée. Pour atteindre cet objectif il faut engager un dialogue avec l’ensemble des parties concernées : pouvoirs publics et communautés éducatives, afin de susciter l’adhésion du plus grand nombre, qu’il s’agisse de l’instauration dès le collège d’une sectorisation « multicritères », d’un travail sur le réseau de transport ou l’anonymisation des procédures d’inscription.  Dans le même temps il conviendrait de reposer la question du partage de compétence entre les départements qui définissent encore les périmètres de recrutement des collèges (sur quels critères, avec quels objectifs, quelle méthode, quels outils, quel calendrier) et les services académiques qui eux affectent les élèves, et donc accordent aujourd’hui les dérogations à ces mêmes périmètres.

Par ailleurs il est important de veiller à ne pas « vider » de leurs bons éléments les établissements des quartiers populaires, sous couvert de l’idée noble de permettre à tous le meilleur. Je ne souhaite pas un système scolaire qui condamnerait les moins bons à ne grandir qu’entre moins bons, et les meilleurs à n’évoluer qu’entre meilleurs.  Pour que les établissements les plus ghettoïsés deviennent véritablement attractifs il faut d’une part les engager dans les plans de renouvellement urbain et de mixité de l’habitat et d’autre part leur proposer des moyens supplémentaires pour mener des projets d’établissements innovants et audacieux (par exemple des jumelages avec des institutions culturelles, scientifiques, ou avec des établissements étrangers…).

Mais si les différentes démarches de concertation n’aboutissent pas, alors l’État doit jouer son rôle de régulation au niveau national et mettre en œuvre les leviers d’action.

Les secteurs multi collèges qui se mettent en place à l’échelle nationale et à Paris doivent être vus comme des premiers pas, dont il faudra tirer toutes les leçons, afin de généraliser cette pratique.

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

A la veille de la rentrée des classes, Thomas Piketty avait publié un article sur la mixité sociale dans les collèges à Paris proposant de faire rentrer les collèges privés (sic.) dans une procédure commune d’affectation des élèves aux collèges”. Cet engagement de l’enseignement privé est nécessaire. Mais ne nous leurrons pas, imposer en contrepartie d’un financement public à ces établissements des élèves socialement plus défavorisés ne garantirait pas plus de mixité, ni sociale, ni scolaire, dans les établissements publics, et cela pourrait même, si c’est le seul levier activé, rendre moins lisible la spécificité de l’offre publique d’éducation, sauf à lever les derniers verrous à l’intégration des établissements qui remplissent des missions de service public et en remettant en question le statut de contrat d’association. Il faut donc prendre à bras le corps la question de la concurrence scolaire. Et force est de constater que là où la puissance publique s’est désengagée une offre alternative d’enseignement s’est constituée. Afin d’assurer à chaque enfant, famille et équipe éducative, une offre publique d’enseignement de qualité et de proximité, il est donc urgent de mettre fin à la double concurrence qui frappe nos écoles et engager ces deux chantiers dans un même mouvement. Pour que les familles ne soient plus tentées de voir si l’herbe ne serait pas plus verte ailleurs il faut redonner confiance dans l’école ou le collège de quartier. Mais tant que subsistera une offre attractive d’enseignement alternatif, nous ne pourrons aspirer qu’à être les bons élèves d’un mauvais système. Enfin, si l’engagement de l’enseignement privé est utile, il doit être clairement encadré. Mettre en œuvre l’objectif de mixité sociale ne doit pas faire oublier l’enjeu essentiel de la réussite pour tous. Ainsi, afficher plus de mixité dans un établissement, par exemple en ne recrutant que les meilleurs élèves issus de familles moins aisées, permettrait certes plus de mixité sociale mais ne remplirait en rien les objectifs fixés en matière de réussite. Il faut donc dialoguer avec confiance avec les responsables de l’enseignement privé mais ne pas ignorer les spécificités de leurs capacités à recruter.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

C’est en tant que femme de gauche, engagée dans un travail de fond auprès des habitants-e-s et des associations dans chacun de nos quartiers, soucieuse de placer la lutte contre les inégalités au cœur des politiques publiques, que je me présente pour être élue à l’Assemblée Nationale. Forte de ces valeurs, mes priorités seront l’éducation, d’abord et toujours, la transition écologique, la défense de nos services publics et de notre modèle social, la lutte contre le racisme et les discriminations et la refondation de l’Europe. Depuis que je suis engagée, dans le monde associatif comme en politique, l’égalité et la justice sociale ont toujours guidé mes décisions, et j’ai notamment eu l’honneur de mettre cet engagement au service des Parisiens lorsque j’ai été nommée adjointe en charge des questions d’éducation et de la réussite éducative en 2008. C’est avec la même conviction que je continuerai à me battre pour un système d’éducation plus juste pour les citoyens de demain si je suis élue députée.

Quelles actions envisagez-vous ?

Députée, je m’engage à :

  • Soutenir le recrutement d’enseignants, afin de réduire le nombre d’élèves par classe, permettre le remplacement systématique des enseignants absents, notamment dans les quartiers populaires. Tout faire pour éviter les fermetures de classe afin de maintenir un nombre bas d’élèves par classe ;
  • Accroître la formation proposée aux enseignants, afin qu’ils puissent bénéficier du droit élémentaire à la formation, mais aussi être remplacés lorsqu’ils s’absentent ;
  • Promouvoir la création d’un service public du soutien scolaire pour donner aux élèves les mêmes chances de réussir à l’école ;
  • Développer le soutien de l’Etat au soutien aux familles : en soutenant les crèches et haltes-garderies reconnues comme facteur d’insertion professionnelle, en développant les lieux d’actions parents enfants pour le soutien à la parentalité ;
  • Développer les passerelles maternelle/élémentaire et élémentaire/collège afin de soutenir les enfants dans ce moment particulier de leur scolarité.