Les réponses de Stanislas Guérini à notre questionnaire

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LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 DE STANISLAS GUERINI, CANDIDAT DE LA REPUBLIQUE EN MARCHE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 3ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 17e et du 18e arrondissement ?

L’enquête Pisa 2015 a rappelé que la France se place en tête des pays de l’OCDE où l’origine socio-économique pèse le plus sur le destin scolaire. Et la situation en REP est particulièrement alarmante lorsque l’on sait que les élèves scolarisés dans un établissement de l’éducation prioritaire ont des résultats très inférieurs à la moyenne nationale (Enquête, Cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon ; Ministère de l’Éducation nationale, 2015).
On ne peut pas se satisfaire de ce constat.
Pour que la France ne se résigne plus à l’abandon d’une part croissante de sa jeunesse, il m’apparaît essentiel de favoriser la mixite sociale. Les effets de pairs jouent en effet un rôle crucial dans le succès ou l’échec de nos enfants.
Dans ce contexte, notre programme vise à créer de l’excellence dans les établissements défavorisés. Notre priorité est de construire une école qui garantisse de l’excellence partout, y compris dans les établissements qui obtiennent aujourd’hui les moins bons résultats.
Dans le projet que je porterai, l’atteinte d’une plus grande mixité sociale passera par des mesures visant à aider les établissements des zones prioritaires (REP et REP+) en assumant une politique de différenciation des moyens (division par 2 du nombre d’élèves en CP/CE1, enseignants plus expérimentés et mieux rémunérés). Je porterai également le renforcement de l’autonomie des établissements. Cette part plus grande d’autonomie permettra de porter des projets pédagogiques, par exemple créer des classes bilangues, européennes etc. qui pourront favoriser l’attractivité des établissements qui obtiennent aujourd’hui des résultats inférieurs à la moyenne nationale.
J’ajoute que je soutiendrai des mesures visant à renforcer la mixité dans des activités périscolaires (transparence accrue dans les critères d’inscription, soutien aux familles défavorisées etc.) Là où l’école cristallise beaucoup de craintes et de réticences de la part des familles, cela me semble être de nature à créer un cercle vertueux démontrant l’intérêt pour toutes les familles de favoriser in fine la mixité scolaire.

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

Je l’ai indiqué, je crois à la nécessité d’une véritable mixité sociale.
Cependant, je suis persuadé qu’une mixité scolaire accrue doit être acceptée par l’ensemble des acteurs concernés (parents de l’ensemble des établissements) et nécessite donc de créer un consensus qui n’a pas réussi à émerger dans le cadre de l’expérimentation multi-collèges du 18ème arrondissement. Les familles que j’ai rencontrées m’ont fait part de leur crainte de rentrer justement dans le cadre d’un programme « d’expérimentation » et ont eu le sentiment d’un manque de concertation et d’information.
Je serais favorable à ce qu’on mette en oeuvre, en tout premier lieu, une politique de différenciation des moyens plus nette, pour donner un vrai bénéfice aux établissements les moins favorisés. De cette manière, les parents pourraient se voir assurer que ces établissements bénéficieront de moyens pédagogiques supplémentaires, ce qui pourra permettre de convaincre tout le monde de s’engager au sein de ces établissements les moins favorisés. Il me semble également important d’avoir une reprise du dialogue en construisant davantage la solution avec les acteurs concernés.
C’est donc plus sur la méthode et les moyens proposés, qui entrainent déjà une dynamique de fuite vers d’autres secteurs géographiques ou vers le privé, que je suis défavorable que sur la finalité d’un tel projet.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

Sans nul doute, l’Etat doit porter l’intérêt général et prendre ses responsabilités.
Dans le projet que nous portons, nous pensons que cette prise des responsabilités doit passer par la mise en oeuvre d’un programme, qui constitue le plan le plus ambitieux depuis la création des zones d’éducation prioritaires en 1983 et qui va permettre de créer une mise en mouvement de l’ensemble des acteurs.
Au surplus, chaque collège et chaque lycée bénéficiera d’un diagnostic tous les 3 ans, qui portera sur les missions de l’établissement, qui mobilisera l’équipe de direction, l’équipe pédagogique, mais également les parents et les élèves, ainsi que les associations locales. Or, les éléments de ce diagnostic seront opposables aux Rectorats ainsi qu’aux Collectivités dans le cadre des engagements qui sont les leurs auprès des établissements.
Grâce à ces mécanismes, l’Etat pourra pleinement prendre ses responsabilités lorsque cela sera nécessaire.

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

Le projet présidentiel porte une exigence réaffirmée pour une école publique d’équité et de qualité pour tous. C’est le sens des mesures annoncées pour la rentrée 2017, particulièrement dans les territoires de la République où se concentrent les difficultés.
Il faut se départir des caricatures qui nous font parfois oublier la mission de l’école. Les considérations politiciennes ou l’opposition systématique entre public et privé doivent être dépassées, c’est le destin de notre pays qui se joue à l’école.
Durant le quinquennat, il nous faudra lutter contre deux maux qui gangrènent notre école : l’échec scolaire et le trop grand déterminisme social dans le destin scolaire des élèves.
Les réponses à ces deux grandes problématiques doivent se construire d’abord dans les établissements publics mais aussi avec l’enseignement privé, qui est ouvert à des discussions et à des avancées sur ces questions.
Enseignement public et privé peuvent élaborer, ensemble, des objectifs ambitieux en matière de mixité sociale. Des expérimentations intéressantes le montrent, comme à Redon par exemple.
Ce n’est que si nous parvenons collectivement à atteindre ces grands objectifs que nous redonnerons tout son sens à la promesse républicaine d’égalité des chances.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

Dans les réunions publiques que j’ai tenues et depuis le début de la campagne des législatives, j’ai eu l’occasion de présenter mes chantiers prioritaires pour ma circonscription : la réussite de notre projet pour l’Education est au coeur de ces priorités.
Je considère que m’engager pour réussir sur cet enjeu essentiel pour l’avenir du pays doit donc être également au coeur de mes actions à l’Assemblée nationale. Je souhaite le faire dans une logique qui ne visera pas à défaire systématiquement les projets portés par les gouvernements précédents mais bien à faire plus pour l’Ecole pour retrouver de l’excellence partout.

Quelles actions envisagez-vous ?

Si je suis élu député, je soutiendrai avec force, pour nos sept établissements primaires et nos 8 écoles maternelles classés en Réseau d’Education prioritaire (REP), le projet de diviser par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 à partir de la rentrée de septembre, parfois avec deux enseignants par classe quand il ne sera pas possible d’avoir deux classes.
Pour tous, je porterai également le projet que chaque élève soit accompagné après la classe et bénéficie de stages de remise à niveau en fin d’été entre le CP et le CM2. Je soutiendrai la nécessité que, dans chaque collège et lycée, que les parents et les élèves, de même que, pourquoi pas, les animateurs et associations impliqués dans l’établissement participent à un diagnostic sur l’ensemble des missions de l’établissement (enseignement, projets pédagogiques, infrastructures) qui aura lieu tous les 3 ans.
Je souhaite enrichir le lien qui doit exister entre le citoyen et l’élu qui le représente à l’Assemblée Nationale. Notamment, sur des sujets aussi fondamentaux que ceux tenant à l’éducation, il me semble primordial que des échanges soient menés, en amont, sur les territoires.
Le travail mené par votre Collectif me semble essentiel et doit être encouragé.
Si je suis élu député, c’est avec des acteurs qui sont sur le terrain et qui connaissent leurs territoires, des acteurs comme votre Collectif, que j’échangerai en priorité, pour porter ensuite avec force et détermination, à l’Assemblée Nationale, des projets que nous aurons préalablement discutés.

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