Les réponses de Danièle Obono à notre questionnaire

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LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE
 DE DANIELE OBONO, CANDIDATE DE LA FRANCE INSOUMISE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 17ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 18e et du 19e arrondissement ?

Pour lutter efficacement contre la ségrégation scolaire il faut une vision et une stratégie globale pour l’école. A la France insoumise, nous voulons le meilleur pour tou•te•s les élèves : réussite scolaire et professionnelle, plaisir à apprendre, joie à fréquenter l’école, accomplissement individuel. Notre projet pour l’école est en effet inséparable de notre projet de société. Il est profondément égalitaire et se donne les moyens de cette exigence.

Pour lutter contre la ségrégation scolaire les député•e•s de la France insoumise  soumettront une proposition de loi et la création d’un groupe de travail chargé de refondre la carte scolaire à l’horizon 2020. Ce groupe associera les ministères de l’Education nationale, les associations de parents d’élèves, les syndicats enseignants et les collectivités territoriales.

Il comprendra également des représentant•e•s des ministères du logement, des transports, de l’aménagement du territoire ainsi que du commissariat à l’Egalité que nous souhaitons mettre en place pour lutter contre toutes les formes de discriminations, car la ségrégation scolaire trouve ses racines dans l’ensemble des processus de relégation à l’œuvre dans la société. C’est pourquoi lutter efficacement contre ce phénomène, il faut une approche ciblée et transversale.

La nouvelle carte scolaire que nous souhaitons mettre en œuvre intégrera les établissements privés qui jouent un grand rôle dans les mécanismes de contournements scolaires, en particulier dans le 18e arrondissement.

Enfin, nous agirons en soutien aux associations travaillant auprès des parents d’élèves. Car nombre de pratiques d’évitements trouvent leurs sources dans une méconnaissance ou des représentations souvent infondées..

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18è arrt ?

Je partage l’avis de Paul Vannier et Laurent Levard suivant lequel l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18e arrondissement peut être vue positivement dès lors qu’elle semble s’inscrire dans la recherche d’une plus grande mixité sociale.

Mais cette expérimentation nous apparaît comme de trop petite portée pour apporter des solutions véritables aux questions qui nous préoccupent. D’abord les périmètres sont trop étroits et mêlent des établissements REP. Ensuite la question du privé – de décisive – est laissée de côté. Enfin, l’objectif de mixité scolaire, et non pas seulement sociale, n’est pas pris en compte.

En tant que députée j’agirai donc à d’autres échelles et de façon globale pour parvenir véritablement à davantage de mixité.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

Le rôle de l’Etat est de garantir l’égalité de traitement et d’accès de tou•te•s les élèves quel que soit l’établissement qu’ils fréquentent.  Au delà des dispositifs législatifs que décris précédemment, l’Etat peut intervenir en amont en formant les personnels de direction à une meilleure information des familles. En aval, il doit lutter contre les pratiques telles les fausses domiciliations. Enfin et surtout, l’Etat doit mobiliser ses moyens pour restaurer la qualité du service public d’éducation, en lui allouant les ressources nécessaires à la satisfaction des besoins éducatifs de tou•te•s les élèves.

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ? Si oui, comment ? Sinon, pourquoi ?

L’enseignement privé jouit aujourd’hui d’un financement public très important, de l’ordre de 10 milliards d’euros par an. Si notre objectif de moyen terme est la mise en oeuvre du principe « fonds publics à l’école publique », nous proposons de conditionner immédiatement le financement public du privé à l’intégration par ce dernier de l’ensemble des règles auxquelles est astreinte l’école publique. L’intégration à la carte scolaire sera la première de ces règles.

A l’Assemblée nationale, le groupe « France insoumise » demandera la constitution d’une commission d’enquête parlementaire s’intéressant aux financements des établissements scolaires privés ou aux liens entre le ministère de l’Education nationale et les grandes entreprises privées du pays.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

En tant que députée de la France insoumise, j’en défendrai le programme « l’Avenir en commun » dans son intégralité et notamment les propositions relatives à l’école et à la lutte contre les discriminations, dont j’ai assuré le suivi en tant que coordinatrice des livrets thématiques sur ces différents sujets.
Quelles actions envisagez-vous ?

Il faut surtout et avant tout redonner les moyens à l’Education nationale de remplir l’ensemble de ses missions de service public. L’école de la République doit pouvoir, sur tout le territoire, s’affirmer comme un espace de coopération et d’échanges et non de concurrence et de compétition. Creuset du peuple en formation, elle doit devenir le lieu de l’éducation à l’intérêt général où l’individu se prépare à l’exercice d’une citoyenneté enrichie de nouveaux droits.

Garantissant l’égalité des conditions d’accès et d’apprentissage, l’école participe du combat contre les inégalités. Pour cela, les député•e•s de la France insoumise entendent réaliser un ensemble de mesures, outre celles déjà citées.
–    Adopter une loi d’orientation pour l’école pour abroger la réforme du collège de gouvernement Valls ainsi que tous les dispositifs qui balkanisent l’école : décret Peillon, réforme du collège, réforme Chatel, régionalisation de la carte de l’enseignement professionnel…
–    Abroger la réforme des rythmes scolaires et garantir l’égal accès de tou•te•s les élèves du 1er degré à des enseignements artistiques et sportifs gratuits, dispensés par des personnels recrutés sur concours
–    Restaurer le cadre national des diplômes, programmes, statuts et horaires ; étendre la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans en adaptant les pédagogies et les parcours scolaires
–    Recruter de 60 000 enseignant•e•s supplémentaires d’ici la fin de la mandature ainsi que du personnel de vie scolaire (assistant•e•s d’éducation, conseiller•e•s d’orientation, infirmier•e•s…).
–    Généraliser la gratuité (des cantines, du transport, des sorties scolaires, des manuels et de matériels sans marques, des équipements et fournitures dans la voie professionnelle) et garantir la mixité
–    Ouvrir dans les lycées des périphéries urbaines, rurales et d’Outre-mer des options rares réparties sur plusieurs classes et 200 classes préparatoires en liaison avec l’université ; bonifier les bacheliers L et ES dans le cadre de la procédure d’affectation post-bac dans certaines filières sous tension ; favoriser les jumelages d’établissements (urbains/ruraux, montagnards/littoraux, métropolitains/outre-mer) et développer les échanges entre classes visant à élargir l’horizon social et culturel des élèves
–    Mettre en œuvre une politique de l’éducation prioritaire répondant aux besoins éducatifs : réduire massivement les effectifs par classe (20 élèves maximum en maternelle, primaire, collège, lycée professionnel et technologique, 25 en lycée général ; deux enseignants par classe en maternelle et primaire) ; harmoniser par le haut les dispositifs des établissements de l’éducation prioritaire pour parvenir à un label commun à tous les établissements ; viser la stabilisation des équipes pédagogiques.

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