Les réponses de Paul Vannier à notre questionnaire

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LES RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE DU COLLECTIF APPRENDRE ENSEMBLE DE 
PAUL VANNIER, CANDIDAT DE LA FRANCE INSOUMISE
AUX LÉGISLATIVES DANS LA 18ème CIRCONSCRIPTION

Selon vous, quelles mesures faut-il prendre pour lutter contre la forte ségrégation sociale qui existe dans les établissements scolaires du 18e arrondissement ?

La ségrégation scolaire est un processus particulièrement prononcé dans le 18e arrondissement de Paris. Elle est renforcée par les contre-réformes éducatives conduites sous les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Il y a urgence à agir pour toutes celles et ceux qui demeurent attachés au projet d’une Ecole de l’égalité et de l’émancipation, d’une École creuset, d’une École républicaine.

Pour lutter contre la ségrégation scolaire j’agirai en tant que député en votant une loi conduisant à la création d’un groupe de travail chargé de refondre la carte scolaire à l’horizon 2020. Ce groupe associera les ministères de l’éducation nationale mais aussi du logement, des transports et de l’aménagement du territoire car la ségrégation scolaire a d’abord ses sources dans la ségrégation résidentielle. Ce groupe associera également les associations de parents d’élèves, les syndicats enseignants et les collectivités territoriales. Cette carte scolaire refondue intégrera les établissements privés qui jouent un grand rôle dans les mécanismes de contournements scolaires, en particulier dans le 18e arrondissement.

Enfin, j’agirai en soutien aux associations travaillant auprès des parents d’élèves. Car nombre de pratiques d’évitement trouvent leurs sources dans une méconnaissance ou des représentations souvent infondées. C’est, je crois, le travail de votre collectif « Apprendre ensemble » qui, dès lors, est d’intérêt général.

Quel regard portez-vous sur l’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18e arrondissement ?
L’expérimentation des secteurs multi-collèges dans le 18e arrondissement peut être vue positivement dès lors qu’elle semble s’inscrire dans la recherche d’une plus grande mixité sociale. Mais cette expérimentation m’apparaît comme de trop petite portée pour apporter des solutions véritables aux questions qui nous préoccupent. D’abord les périmètres sont trop étroits et mêlent des établissements REP. Ensuite la question du privé – décisive – est laissée de côté. Enfin, l’objectif de mixité scolaire, et non pas seulement sociale, n’est pas pris en compte.

En tant que député, représentant de la Nation, j’agirai donc à d’autres échelles et de façon globale pour parvenir véritablement à davantage de mixité.

Dans les territoires où l’évitement crée une ségrégation inacceptable, l’État pourrait imposer aux parties concernées d’agir. Qu’en pensez-vous ?

Le rôle de l’Etat est de garantir l’égalité de traitement et d’accès de tous les élèves quel que soit l’établissement qu’ils fréquentent. Au-delà des dispositifs législatifs que j’ai préalablement décrits, l’Etat peut intervenir en amont en formant les personnels de direction à une meilleure information des familles. En aval, il doit lutter contre les pratiques telles les fausses domiciliations.

Enfin et surtout, l’Etat doit mobiliser ses moyens pour restaurer la qualité du service public d’éducation, en lui allouant les moyens nécessaires à la satisfaction des besoins éducatifs de tous les élèves.

Selon vous, l’enseignement privé devrait-il être soumis à des règles pour accueillir des élèves d’une plus grande diversité sociale et scolaire ?

L’enseignement privé jouit aujourd’hui d’un financement public très important, de l’ordre de 10 milliards d’euros par an. Si notre objectif de moyen terme est la mise en œuvre du principe « fonds publics à l’école publique », nous proposons de conditionner immédiatement le financement public du privé à l’intégration par ce dernier de l’ensemble des règles auxquelles est astreint l’école publique. L’intégration à la carte scolaire sera la première de ces règles.

Quelle priorité accorderez-vous à ces problématiques dans votre action au sein de l’Assemblée nationale ?

Enseignant, porte-parole éducation de Jean-Luc Mélenchon, coordinateur du livret éducation de la France insoumise, je ferai des questions éducatives l’une des priorités de mon mandat de député.

Quelles actions envisagez-vous ?

A l’Assemblée nationale, je solliciterai notamment mes collègues du groupe France insoumise en vue de la constitution d’une commission d’enquête parlementaire s’intéressant aux financement des établissements scolaires privés ou aux liens entre le ministère de l’Éducation nationale et les grandes entreprises privées de notre pays.

Dans ma circonscription je serai aux côtés des parents d’élèves et des enseignants mobilisés pour la défense du service public d’éducation.

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